dimanche 19 novembre 2017

David, l'homme qui se jouait des Goliath



Certes, Goffin vient de s'incliner en finale du Masters de Londres après un match d'abord décousu puis au couteau face à Dimitrov. Certes, ses victoires de prestige face à Nadal mais surtout face à Federer, les deux Goliath insatiables du monde du Tennis, lui auraient permis d'entrer dans une toute autre dimension s'il avait été au bout. S'il avait fini en Maître.

Mais le Belge a montré tellement d'abnégation, de courage, d'intelligence tactique dans les variations de son jeu, il a tellement fait preuve de cœur dans ses combats, que je ne pouvais pas ne pas lui dédier ces quelques lignes.

Je connaissais finalement assez peu ce joueur discret mais accrocheur, professionnel depuis presque 10 ans et qui était aux portes du top 10 fin 2016. Actuel 8e à la Race (classement qui prend en compte les résultats sur l'année et qui lui a permis d'intégrer le Tournoi des Maîtres), il ne fait guère parler de lui mais il avance. Dommage que les 4 titres qu'il a remportés sur le circuit depuis ses débuts soient assez confidentiels car ce garçon mériterait d'être un peu plus dans la lumière, ne serait-ce que par rapport à sa globale régularité et à son fighting spirit. 

Mais s'il lui manque un vrai coup d'éclat pour marquer durablement le public, il peut désormais se targuer d'être seulement le 6e joueur de l'ére Open à déboulonner les n°1 et n°2 mondiaux dans le même tournoi. Et si sa victoire à l'arrachée contre Nadal fut aussi à mettre sur le compte de la méforme de l'Espagnol, celle contre Federer ne souffrit d'aucune contestation, d'autant que le Suisse avait largement mené les débats dans la première manche.

Goffin laissera sans doute quelques plumes suite à sa défaite du jour dans la dernière ligne droite, autant physiquement qu'émotionnellement. Mais avec la dynamique qui est actuellement la sienne, je serais curieux de voir le visage qu'il sera en mesure de proposer aux joueurs français dans moins d'une semaine en finale de la Coupe Davis. De toute façon, ce sera un sacré client et le formidable point d'orgue d'une saison remarquable s'il venait à conduire les siens vers la victoire et à brandir le Saladier d'Argent.

Je ne pourrai sans doute suivre cette finale que par minuscules bribes le week-end prochain, autres projets obligent, mais, surtout si je me réfère à la saison bien terne des Bleus, je ne serais pas contre une victoire de nos voisins Belges. Wait and see...